Licia Albanese, live au Metropolitan Opera en 1953

Licia Albanese, née le 22 juillet 1909, à Bari, en Italie, et morte le 15 août 2014 (à 105 ans) à Manhattan dans la ville de New York aux États-Unis, est une soprano italo-américaineLicia Albanese fait ses débuts officieux à Milan en 1934, lorsqu'elle remplace une cantatrice absente pour une représentation de Madama Butterfly de Puccini, l'opéra auquel elle restera toujours associée. En 40 ans de carrière, Licia Albanese a interprété plus de 300 fois le rôle de Cio-Cio San. Si elle a remporté des succès avec d'autres personnages comme Mimì ou Violetta, c'est la représentation de la geisha qui est restée la plus populaire. Sa relation avec cette œuvre débute tôt, grâce à son professeur, contemporain du compositeur, qui, au cours de la génération précédente, avait été un promoteur important du rôle-titre.

Il existe une controverse concernant les débuts officiels d'Albanese. Ceux-ci se déroulèrent soit la même année, en 1934, au Teatro Municipale de Bari dans La Bohème, ou à Parme, ou encore à Milan en 1935 dans Madama Butterfly. Fin 1935, elle débute à La Scala dans le rôle de Lauretta, dans Gianni Schicchi. Bientôt, ses interprétations dans CarmenL'amico Fritz et Madama Butterfly lui attirent les faveurs du public tant en Italie, en Francequ'en Angleterre.

Après ces succès, Licia Albanese monte pour la première fois sur la scène du Metropolitan Opera le 9 février 1940 dans le rôle de Cio-Cio San de Madama Butterfly. Dans toute sa carrière, elle tient ce rôle au MET à 72 reprises. Sa réussite est immédiate, et elle se produit au MET durant 26 saisons, pour 427 représentations dans 16 opéras, interprétant 17 personnages. En 1966, après un désaccord avec le manager général Rudolf Bing, elle quitte l'institution sans faire ses adieux. L'objet de cette querelle porte sur le fait qu'une seule représentation avait été prévue pour elle dans la saison, alors même qu'elle avait tenu quatre rôles l'année précédente.

En 1946, Arturo Toscanini invite Albanese à se joindre aux interprétations qu'il donne de La Bohème et de La Traviata avec le NBC Symphony Orchestra. Ces deux enregistrements intégraux sortent sous le label RCA Victor.

Très admirative de Gaetano Merola, le directeur du San Francisco Opera, elle se produit dans cette enceinte lors de 120 représentations entre 1941 et 1961, interprétant 22 rôles différents. Tout au long de sa carrière, elle donne un grand nombre de recitals, concerts, et opéras partout aux États-Unis, certaines de ces représentations ayant lieu dans le cadre d'actions de bienfaisance, notamment pendant les conflits pour les soldats. Elle a aussi sa propre émission de radio hebdomadaire et est invitée régulièrement dans d'autres programmes radiophoniques ou télévisuels. " (Wikipédia)

mercredi 20 août 2014 05:35 , dans Giacomo Puccini


Sofia Coppola , " Somewhere "

" Sofia Coppola aime les hôtels et les lieux clos, à la fois luxueux et anxiogènes. Après un grand hôtel international à Tokyo (Lost in Translation) et le château de Versailles (Marie-Antoinette) , elle investit le célèbre Château Marmont de Los Angeles, hôtel chic sur Sunset Boulevard, construit en 1920 réputé pour abriter le repos ou les excès de nombre de rock stars et d’acteurs hollywoodiens. C’est là que s’est installé Johnny Marco (Stephen Dorff, émouvant) , pseudo vedette à la vie dissolue, dont le morne quotidien s’étiole entre gueules de bois, filles faciles et coups de téléphone de son agent pour assurer la promotion de ses films. Quelques jours avec sa fille de onze ans – il est divorcé – vont l’amener à prendre conscience de la vacuité de son existence.

Sofia Coppola saisit avec beaucoup de finesse et de précision des moments banals, sentimentaux, ridicules ou dérisoires qui dessinent le portrait en creux d’un homme sans qualité, enveloppe vide, poussière dans l’usine à rêve.

Si la première scène d’un film est censée résumer le film tout entier, alors Somewhere commence très fort : un plan fixe montrant une voiture de sport faire des boucles sur une route dans le désert. D’autres plans fixes capteront Johnny Marco ou plutôt l’épingleront dans un cadre serré de chambre d’hôtel, d’ascenseur ou de couloir, le plus impressionnant demeurant celui dans lequel l’acteur doit rester immobile plusieurs minutes un masque de latex sur le visage, pour la préparation d’un effet spécial. Situation absurde et humiliante qui résume la situation de l’acteur, dont le métier n’est plus de jouer et d’exprimer des émotions mais seulement de prêter son enveloppe physique, simple maillon d’une production industrielle. Prisonnier de son image, enfermé dans une prison dorée, Johnny Marco tourne en rond, n’a rien à faire et nulle part où aller. Le titre Somewhere (Over the Rainbow) renvoie à une moitié de conte de fées hollywoodien (Le Magicien d’Oz et son invitation au rêve) mais peut aussi se lire « nowhere », soit le grand nulle part que constitue la cité des anges (déchus).

Le dernier plan de Somewhere, de nouveau avec le désert et la voiture, permettra au personnage de s’échapper enfin, dans un geste aussi radical que libre et désespéré. A l’image du film.

Entretemps, on aura vu Johnny Marco s’endormir devant un numéro de lap dance, exécuté en privé dans sa chambre par deux jumelles blondes à l’érotisme aseptisé, s’endormir entre les jambes d’une conquête d’un soir, sur le sofa, dans son lit, au bord de la piscine… bafouiller des embryons de réponses à des questions stupides durant une conférence de presse… C’est le courage formel d’un film américain construit entièrement sur des temps morts, cette crise permanente de l’image action qui défie ce refus angoissé du vide, du silence et de la lenteur qui caractérise 95% de la production cinématographique aux Etats-Unis. Cette asthénie chronique de Johnny Marco, provoquée par l’alcool ou simplement l’ennui , file la métaphore de la Belle au bois dormant (Sleeping Beauty) qui traverse tout le film, conte de fées désenchanté : ce n’est pas la belle qui dort mais le prince charmant, enfermé dans son château (Marmont) et émotionnellement anesthésié, et seule sa fille – jolie princesse – parviendra à le réveiller le temps d’un week-end passé ensemble, au cours duquel l’amour qu’il éprouve pour sa fille pré adolescente (merveilleuse Elle Fanning) même s’il ne l’exprime que maladroitement, le sortira de sa léthargie.

Film sensible et cruel, profondément moderne, Somewhere documente avec beaucoup de précision le Los Angeles de la fin des années 2000, sa beauté paradoxale, entre histoire et amnésie. Loin des clichés de la jeune fille gâtée et snob qu’elle entretient, Sofia Coppola est une cinéaste qui réalise des films profonds sur la superficialité, des films intelligents sur le vide, réellement mélancoliques et capable de toucher la vérité des êtres, des relations humaines et de notre époque. Soit l’exacte définition du mot trop galvaudé et déprécié de « branché. »

Olivier Père, Arte

" La bande originale a été créée par Phoenix, le groupe de Thomas Mars, compagnon de Sofia Coppola.

  1. Love Like a Sunset Part I – Phoenix
  2. Gandhi Fix – William Storkson
  3. My Hero – Foo Fighters
  4. So Lonely – The Police
  5. 1 Thing – Amerie
  6. 20th Century Boy – T. Rex
  7. Cool – Gwen Stefani
  8. Che Si Fa – Paolo Jannacci
  9. Teddy Bear – Romulo
  10. Love Theme From Kiss – Kiss
  11. I'll Try Anything Once – Julian Casablancas
  12. Look – Sébastien Tellier
  13. Smoke Gets In Your Eyes – Bryan Ferry
  14. Massage Music – William Storkson
  15. Love Like a Sunset Part II – Phoenix

(Wikipédia)

vendredi 22 août 2014 07:12 , dans Films


Vladimir Cosma, " Marius et Fanny", Ouverture

Après 3 ans de travail, Vladimir Cosma a fait créer "Marius et Fanny" à Marseille le 4 septembre 2007. En voici l'Ouverture. Deux ans plus tard, pour les 800 ans du sac de Béziers, il a  dirigé une cantate de sa composition, chantée par le chœur des petits chanteurs de la trinité. 

Marius et Fanny, «opéra-comique » en deux actes de Vladimir Cosma est une adaptation de la « trilogie marseillaise » Marius, Fanny et César de Marcel Pagnol. Déjà adapté pour l'écran par Marcel Pagnol, la trilogie a fait ses débuts à l'opéra, à deux pas du Vieux Port (où se déroule l'action). Cosma, Roumain d'origine - il ne faut pas le confondre avec le Joseph Kosma des Feuilles mortes - Vladimir Cosma est connu pour ses musiques de films. Compositeur "classique", élève de Nadia Boulanger, il parvient à rendre l'essence même de Pagnol : intensité dramatique et légèreté. Cosma a composé de vrais « airs ». Sa partition s'inspire du style des années trente, des valses, ragtimes ou tarentelles. Les librettistes, Michel Lengliney, Jean-Pierre Lang, Michel Rivgauche, Antoine Chalamel, Michel Arbatz, et Cosma lui-même, restent fidèles au texte original, savoureux. La mise en scène de Jean-Louis Grinda né à Monaco en 1960, Directeur de l'Opéra de Wallonie (1996-2007), puis de l'Opéra de Monte-Carlo, résout 3 problèmes  : multiplication des lieux, distorsion du temps de parole imposée par la mise en musique, gestion d'un personnage nouveau, le chœur, représentant le peuple de Marseille, qui participe à l'action. Magnifiques décors de Dominique Pichou et costumes de Christian Gasc. Pour interpréter les rôles de Marius et Fanny, le Français Roberto Alagna et la Roumaine Angela Gheorghiu font leurs débuts à Marseille. Le Toulousain Jean-Philippe Lafont est César. Il est difficile de succéder à Raimu mais la musicalité et l'articulation sont irréprochables. Marc Barrard est Panisse émouvant, digne et attachant. L'orchestre de l'opéra a semblé prendre grand plaisir à jouer cette partition sous la baguette de Jacques Lacombe. Aujourd'hui en DVD. Voyez aussi l'Article d'Artezia

jeudi 21 août 2014 17:47 , dans Musique de France


Thibaudet, Liszt, Paraphrase sur une valse du Faust de Gounod

Il y a quelques années, me rendant en Pologne, j'ai traversé la Thuringe et la Saxe. J'ai pensé à l'approche de Weimar à la Wartburg, à Luther, Goethe, Liszt, Wagner... J'aurais pu y ajouter le Docteur Faust qui aurait connu Luther, aurait vécu à Erfurt et Cracovie. Il a présidé au travers des temps à un dialogue franco-allemand, voire européen.
Marlowe lui a consacré une pièce de théâtre, Goethe deux drames en vers, traduits par Gérard de Nerval, qui ont inspiré Berlioz, Liszt, Wagner (une ouverture), Mahler (pour l'étrange Symphonie n° 8 "des Mille") et bien sûr Gounod pour son opéra. Une valse du deuxième acte est paraphrasée par Liszt, jouée par Thibaudet.

Jean-Pierre Legrand

jeudi 21 août 2014 17:44 , dans Cymbalum et paprika


Debussy, "Pagodes"

Dès la fin du 19e siècle, les musiciens savants d'Europe découvrent la musique du monde.

L'exposition universelle à Paris en 1889 révèle à Claude Debussy les gamelans malais, selon lui art plus subtil que celui de Palestrina. Il lui inspire "Pagodes", mis en évidence par Jean-Yves Eischen ("Wagner au pays du crossover").

Benjamin Britten introduisit ces sonorités dans "Mort à Venise" (récemment mis en scène au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles).

jeudi 21 août 2014 17:43 , dans Claude Debussy, Gabriel Fauré et Maurice Ravel


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